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«Le véritable coût du changement climatique ne se mesurera pas en dollars, mais en millions
ou milliards de vies ». Le constat de l'organisation humanitaire Oxfam est clair et alarmant.
D'après Oxfam, le changement climatique risque de
réduire à néant 50 ans de lutte contre la pauvreté. Les sécheresses, inondations et événements extrêmes qui accompagnent le dérèglement climatique, ont un impact sévère sur l'alimentation et la
santé des pays du sud, avec de graves répercussions sécuritaires.
Attirer l'attention du
G8
A deux jours du G8, Oxfam marque le coup. L'organisation a établi un rapport à l'intitulé plutôt éloquent : "Le coût humain du changement climatique". Ce rapport s'appuie sur les conclusions de
2.500 scientifiques internationaux réunis en mars au Danemark. Des conclusions recoupées avec les études des agences de l'ONU pour l'agriculture, les réfugiés et la santé, et le constat dressé
par Oxfam sur base des situations rencontrées sur le terrain.
Le Pr Diana Liverman (Université d'Oxford) introduit le rapport par une mise en garde : « Si nous n'agissons pas immédiatement, le réchauffement global pourrait atteindre 4°C avec toutes les
conséquences sociales et écologiques désastreuses que cela implique ».
Le G8 devrait reconnaître collectivement le seuil des 2°C supplémentaires comme la limite du réchauffement. Mais les
scientifiques sont sceptiques, ils doutent de la volonté réelle des autorités politiques à s'accorder sur la réduction des émissions de carbone. Les moyens techniques et sociaux ne font pourtant
pas défaut. En un siècle, la Terre a déjà gagné près d'un degré.
Il est urgent d'agir. Oxfam a émis des propositions. L'organisation encourage les pays industrialisés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre d'au moins 40%, par rapport au niveau de
1990, d'ici 2020 et de 80% d'ici 2050. Ils devraient aussi mettre en place un modèle de développement peu producteur de carbone. Oxfam propose également la mobilisation de fonds pour aider les
pays pauvres à faire face au changement climatique et à réduire leurs émissions.
Pour 1°C de plus, le rendement du riz chute de 10%. Or, le riz est la culture dont la population mondiale dépend le plus. Le maïs n'est pas en meilleure posture. Aliment de base de plus de 250 millions d'Africains et composant essentiel de l'alimentation du bétail dans le monde, il reculerait d'au moins 15% d'ici 2020 dans une grande partie de l'Afrique subsaharienne et de l'Inde. Cette diminution de la production aura un prix: 2 milliards de dollars par an pour l'Afrique.
Les rendements du blé indien (15% de la production mondiale) devraient s'effondrer de 50% d'ici 2050. La sécurité alimentaire de 200 millions de personnes est menacée. Le réchauffement climatique ne profitera temporairement qu'aux cultures européennes et nord-américaines.
Le changement climatique s'accompagne d'une augmentation des maladies tropicales transmises par l'eau et les insectes. Des centaines millions de personnes ignorants ces maladies pourraient être infectées. Les scientifiques s'attendent aussi à voir tripler le nombre de catastrophes naturelles d'ici 2030. Les migrations sont déjà une réalité.
Les pays riches ressentent encore peu les conséquences du changement climatique. Du côté des Tropiques, c'est une autre
histoire. Ironie du sort, ce sont les régions les plus peuplées et les plus pauvres qui sont le plus touchées. Leur sort est entre les mains des représentants politiques qui débâteront de la
question climatique à Copenhague en décembre.
Source : Levif.be avec Belga (06/07/2009 14:49)
Lire également sur le site d'Oxfam
Le rapport d'Oxfam International (en anglais)
Le résumé en français
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